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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 14:32
Hier matin, en relevant les stores de la chambre, les fraisiers de ma jardinière étaient tout écrasés ! Un pigeon, chaussant au moins du 44, avait dû venir faire un tour sur le matin ou avait carrément passé la nuit sur mes plates-bandes. Pendant un instant, j’ai détesté tous les pigeons de la Terre. Mais je me suis tout de suite ravisée.
En effet, il y a quelques jours encore, c’est un pigeonneau qui retenait toute notre attention et nous faisait vivre des moments palpitants.
En rentrant de vacances, juste sous nos fenêtres, une maman pigeon ramier avait fait son nid. Profitant du dernier week-end avant la rentrée, l’enfant passait son temps le nez collé à la fenêtre pour espionner la mère.  A un moment où elle s’était relevée pour se gratter le ventre, deux petits œufs blancs étaient apparus ! Trop heureuse d’avoir un cours de biologie en direct devant nos fenêtres, j’ai décidé de suivre l’arrivée des heureux bébés et de noter leur évolution en prenant aussi quelques photos. Surtout, j’ai pris soin d’expliquer à l’enfant qu’il ne fallait pas effrayer la maman, au risque de la voir abandonner le nid !
Très vite, un constat s’est imposé : la femelle ne mangeait pas. Le lundi, même chose. Depuis combien de temps tenait-elle ? Le mardi, ne l’ayant toujours pas vue s’absenter pour aller manger (depuis deux jours, oubliant mon travail, c’est moi qui avais le nez collé à la fenêtre), j’ai décidé de lui jeter des miettes de pain. Mais le vent s’était levé. C'était donc assez difficile de viser juste et j’ai terminé tout le pain (en tirant des morceaux de plus en plus gros) sans réussir à en faire tomber un seul bout dans son nid… Je suis donc retournée à mon travail, pensant que si le lancer de pain était un sport, il était préférable que je ne prenne pas de licence. (Depuis, pourtant, j’ai amélioré mon tir en lançant du premier coup une paire de chaussettes sur l’étagère la plus haute de l’armoire à deux mètres de distance, parce que l’enfant avait laissé tellement de bazar devant que le terrain était impraticable pour ranger le linge normalement).
L’après-midi, toujours préoccupée par cette pauvre mère qui se sacrifie pour ses enfants, j’ai trouvé une meilleure idée : je n’avais qu’à lui lancer du riz ! Grossière erreur ! Cette fois-ci j’ai atteint ma cible, mais le riz a agit un peu comme de la mitraille et la mère pigeon s’est enfuit en abandonnant le nid !! Pauvre de moi, qu’avais-je fait ? « Quelle c…, quelle c… je fais ! J’espère qu’elle va revenir. »  Pour ne pas effrayer d’avantage la pauvre bête, je n’ai plus regardé par la fenêtre pendant plusieurs heures. Mais juste avant de repartir pour l’école, n’y tenant plus, j’ai jeté un coup d’œil rapide : elle était revenue ! Quelle bonne mère cette pigeonne ! Poussant un ouf de soulagement, j’ai décidé en fermant la porte de l’appartement de ne plus essayer de la nourrir puisque dans la nature, les oiseaux se débrouillent tout seuls et s’ils ne mangent pas, c’est qu’ils peuvent tenir. Il va sans dire que je ne me suis pas vantée de ma bêtise auprès de l’enfant. Et lorsqu’au retour de l’école, l’enfant s’est précipité vers la fenêtre pour aller voir si les œufs avaient éclos, je lui ai dit : « ne regarde pas trop longtemps pour ne pas l’effrayer ». Jamais conseil n’avait été aussi avisé…
Les petits sont nés, un est mort très vite (mais on n’a rien vu) et le deuxième a pris tellement d’ampleur qu’au bout de 15 jours, la mère a arrêté de le couver et l’a laissé seul, revenant pour le nourrir.

Le 19 septembre, le petit (qui avait toutes ses plumes) a testé un départ du nid. Au début, il s’est un peu accroché aux branches et est vite retourné dans son nid, mais 10 minutes plus tard, quand nous avons jeté un coup d’œil, il était parti. Nous avons vu la mère revenir et trouver le nid vide. Elle a regardé à gauche et à droite puis s’est envolée de l’autre côté de la rue sur un lampadaire haut perché. Le lendemain, en rentrant de l’école, elle était toujours à son poste. En regardant depuis chez moi, j’ai eu le cœur brisé : la mère avait des tressaillements qui ressemblaient à de gros sanglots ! Ne voulant pas attribuer des sentiments humains à un animal, je me suis dit que j’avais mal vu ou que c’était le froid qui la faisait hoqueter ainsi. Mais le troisième jour, elle était sur le toit de notre immeuble.
Finalement, c’est moi qui ai eu le bourdon à force de vivre toute cette histoire car j’ai pensé que moi aussi, un jour, je serais dans son cas et que mon gros piou piou prendrait son envol alors que j’aurais l’impression qu’il est encore trop jeune pour partir.
Bon, je crois que l’élevage ne me réussit pas trop. Mieux vaut retourner à mes salades. Elles ne tressaillent pas encore dans leur pot quand on leur retire une feuille et c’est beaucoup mieux comme ça.
(photos Main Verte)

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