Vendredi 26 juin 2009
Avec la nature, on ne s’ennuie jamais. Chaque fois que je regarde mes plantes, que je mets un doigt dans la terre pour mesurer scientifiquement le taux d’humidité ou que, simplement, je l’inspecte pour voir si tout va bien, je découvre quelque chose de nouveau. L’autre jour, j’ai trouvé des bouffe-nez. Oh, je les connaissais déjà, malgré leur petite taille, mais la dernière fois que je les ai étudiés, j’en ai appris très long sur leur caractère.
Figurez-vous que ces petites bêtes blanches, fines comme un cil et mesurant 1 millimètre de long sont en réalité de vraies teignes, mauvaises, impétueuses et n’ayant peur de rien. Elles ne s’attaquent pas aux plantes et doivent même avoir un rôle de nettoyeur de résidus végétaux, mais entre elles, quelles terreurs ! J’en ai vu deux se mordre le nez comme deux pitbulls lors d’une attaque sanguinaire qui a duré environ 4 secondes. Quand on sait que le temps de vie est proportionnel à la taille, ce combat de gladiateurs a dû durer au moins trois mois de leur précieux temps. Pour calmer tout le monde, je leur ai versé un verre d’eau sur la tête, véritable déluge océanique pour elles, mais elles en sont ressorties indemnes et chacune est retournée vaquer à ses occupations !
Cette histoire m’a traumatisée pendant toute la journée : comment peut-on être si petit et si méchant ? Quel enjeu justifiait donc cette lutte ? Qui étaient-ils ? Deux mâles luttant pour un territoire ou deux commères se crêpant le chignon ? Puis, des bouffe-nez aux humains, le saut étant facile à faire, j’ai commencé à réfléchir sur la méchanceté humaine. Est t-on méchant par nature ? Les imbéciles sont-ils méchants ? Faut-il avoir une certaine dose de méchanceté pour s’en sortir dans la vie ? La méchanceté est-elle la conséquence d’un manque, de la jalousie, de méchanceté subie auparavant ? Personnellement, je n’ai pas trop le temps d’être méchante et surtout, je n’ai pas envie de l’être ! Il y a d’abord le quotidien à assurer, les obligations diverses à respecter, les surprises à gérer, les petits plaisirs à réussir à caser dans son emploi du temps et toutes les choses en retard à finir !! N’ayant plus le temps de réfléchir, j’ai laissé là mes pensées philosophiques et j’ai téléphoné à mon ancien opérateur de téléphone portable pour demander le déverrouillage de mon téléphone car je passais à un autre opérateur moins cher. Bien entendu, cela n’a pas marché du premier coup et le jeune homme, méprisant au possible et se trompant en plus de dossier (il me disait que mon nom était faux et que j’avais acheté mon téléphone en 2007 - impossible, j’habitais encore en Espagne !), m’a tellement énervée que j’avais envie de lui bouffer le nez… Heureusement j’avais conservé la facture du téléphone datant de deux ans et il n’a plus moufté quand je lui ai donné le code emai, imo et emu, le code pin pan et poun ainsi que la date de mon dernier rappel de tétanos et le numéro de téléphone des trois derniers occupants de l’appartement pour vérifier que c’était bien moi. Non, mais, c’est pas parce que je suis impuissante au bout de mon téléphone face à un blanc-bec omnipotent avec son ordinateur retraçant ma vie depuis ma conception que je vais me laisser impressionner ! Mais cet épisode m’a permis de trouver la raison de la bagarre entre les deux bouffe-nez de ma terre bio : à mon avis, le premier essayait lui aussi de changer d’opérateur de portable… et il avait perdu sa facture !
Par Main verte
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