Le bon écolo est celui qui mange des légumes et des fruits de saison, mais aussi des fruits et légumes de sa région. En France, en janvier/février, un des légumes de saison est le topinambour. En bonne écolo, je suis donc allée dans mon magasin habituel chercher ma ration de topinambour. Justement, le directeur du magasin était dans les rayons et comme il est préférable de s’adresser au bon Dieu plutôt qu’à ses saints, je lui ai demandé s’il avait des topinambours dans son magasin.
– Des topinambours ! Mais la guerre est finie, Madame !
– Ah bon ! Je vais pouvoir allumer le soir, alors, car je suppose qu’il n’y a plus de couvre feu non plus, ai-je rétorqué.
Heureusement, le directeur était de bonne humeur et quand je lui ai expliqué que j’essayais de relever l’état de l’environnement mondial ainsi que celui de l’économie française en achetant local, il m’a dit qu’il était désolé, mais qu’il n’avait que des patates douces du Moyen-Orient à me proposer en légumes bizarres…
Voyant que son cas était désespéré, je suis allée dans mon autre magasin habituel qui fait des légumes bio. J’ai trouvé des pommes bio, des pommes de terre bio, des lentilles bio, des bananes bio mais point de topinambours. J’ai acheté des lentilles bio car j’en cherchais, justement, et trois kilo de pommes de terre bio, puis je suis allée un peu plus loin dans mon troisième magasin habituel, celui du lait bio. Ils avaient bien des citrons et des oranges bio, du lait bio (j’en ai pris 6 litres parce que je n’étais presque pas chargée avec mes trois kilo de pommes de terre et mon paquet de lentilles), mais pas de topinambours.
En sortant du magasin, chargée comme un mulet et penchant dangereusement pour faire contrepoids (car je mets tout dans un panier pour ne pas prendre de sacs en plastique qui polluent et tuent les dauphins et les tortues de mer), je me suis aperçue que je m’étais aventurée bien loin de la maison et que le retour allait être difficile. En plus, il était l’heure d’aller chercher l’enfant à la sortie de l’école et j’étais en retard. J’ai donc pressé le pas pour aller jusqu’à l’école et je n’ai même pas reconnu ma copine Pascale qui m’a dit par la suite avoir croisé un Quasimodo qui ressemblait vaguement à sa copine écolo, mais à qui elle n’avait pas osé parler.
Je suis arrivée à l’école au moment où l’enfant sortait et, comme d’habitude, j’ai pris son cartable pour le soulager de l’avoir porté toute la journée. Enfin, j’étais équilibrée avec des poids de chaque côté, mais c’était tellement lourd que j’ai marché les jambes pliées tout le long du chemin de retour et une autre copine qui nous a vus passer m’a prise pour la petite sœur de l’enfant tellement j’étais basse. Finalement, nous sommes arrivés à notre immeuble et, pour une fois, j’ai pris l’ascenseur en me disant que je musclerais mes fessiers une autre fois.
A la maison, en déballant mes achats, j’ai pensé qu’il restait encore un autre magasin d’à côté où je pouvais aller chercher mes topinambours. Je suis donc redescendue, légère comme le vent, droite comme un « i » mais avec une douleur aiguë dans l’épaule droite, pour aller chercher ces satanés topinambours. Au magasin d’à côté, il n’y avait pas plus de topinambours que dans les autres. J’ai donc acheté un chou, légume d’hiver de chez nous aussi et je suis retournée à la maison fière de nourrir ma famille et un gentil représentant de la famille des léporidés (Croqui), en respectant l’environnement, pour nous et les générations à venir de lapins.
Cela dit, je ne sais toujours pas où je pourrai trouver des topinambours et comme je n’ai pas envie de faire le tour du Monde pour en trouver, j’ai décidé que j’allais en cultiver moi-même !
Reste à trouver les graines…
Ps : les nouvelles vont vite. Je n’ai pas encore publié l’article qu’un lecteur assidu me dit que les topinambours atteignent 2m50 de hauteur dans les jardins. Il va donc falloir que je trouve des graines génétiquement modifiées pour les cultiver en appartement, mais comme ce n’est pas écologique, je vais plutôt planter des choux-fleurs, autres légumes de nos contrées presque pas encombrants quand ils poussent.