Comme beaucoup d’hommes, le mari est un homme très occupé par son travail, le plus souvent en déplacement, me faisant confiance pour assurer l’éducation de l’enfant et organiser le quotidien. Souvent, l’enfant et moi reprochons au mari de ne pas être assez avec nous. Mais avec les ponts de mai, nous l’avons eu plusieurs jours de suite. L’adaptation ne s’est pas faite immédiatement, mais au deuxième week-end, on tient le bon bout.
Le mari est rentré pour le pont du 1er mai. Pas encore détendu de sa semaine, le matin du vendredi, avant de prendre les bols du petit-déjeuner, il a commencé à ranger la vaisselle que j’avais faite la veille (pour m’aider sans doute), en faisant un bruit d’assiettes et de couverts comme si nous avions invité un régiment à dîner.
- Chut, tu vas réveiller l’enfant !
- Ah, oui, c’est vrai !
A peine le petit déjeuner avalé, le mari a filé sous la douche pendant que je débarrassais. L’enfant s’est réveillé au moment où le mari sortait de la salle de bain, prêt à faire le tour du monde. Pour que j’aille me laver plus vite, le mari m’a proposé de préparer le petit-déjeuner de l’enfant. Problème : le mari ne sait pas ce que l’enfant déjeune et il a mélangé le chocolat et les céréales alors que l’enfant veut des grumeaux, a fait chauffer le lait quand l’enfant veut du lait froid et lui a fait une tartine, alors que l’enfant n’a pas faim le matin (et est d’une humeur de chien dès qu’on le chagrine…).
Bref, trente secondes après le lever de l’enfant, le mari braillait, l’enfant pleurnichait… ça commençait bien. Je suis sortie de la salle de bain pour calmer l’enfant en lui disant « pour une fois, ce n’est pas grave, mange-le comme ça, papa est là, c’est chouette, non ? » J’en ai aussi profité pour dire au mari d’y aller calmos, qu’on n’était pas à l’armée. Quand je suis ressortie de la salle de bain, l’enfant avait fini de déjeuner et le mari avait déjà débarrassé la table pour aller plus vite. Je lui ai dit de ressortir ma tasse car j’aime bien me prendre un deuxième thé, une fois habillée. Le mari est allé chercher ma tasse en se retenant de faire une réflexion, pensant que j’ai le droit d’avoir envie d’une deuxième tasse de thé. Cependant, pour calmer l’énervement qui montait en lui, il a dit à l’enfant d’aller prendre sa douche. Mais l’enfant, qui se dépêche aussi les jours de semaine, avait envie de jouer avec ses jouets ou de traîner et ne voulait pas aller dans la salle de bain. Le mari a alors haussé le ton en disant :
- il est déjà 10h et demi. On ne va pas sortir à midi !
Je lui ai demandé où il voulait aller. Il voulait marcher, visiter, voir tout ce qu’il n’a jamais le temps d’aller voir. Pour le faire bouger et se rendre utile, je lui ai proposé de descendre la poubelle, le temps qu’on finisse de se préparer. Là, le mari a commencé à s’énerver pour de vrai !
Enfin, l’enfant a pris sa douche et s’est habillé après une demi-heure de tergiversations et de jeux avec les peluches. Nous sommes sortis à midi, prêts à faire le tour du monde, quand l’enfant a dit :
- j’ai faim !
J’ai même ajouté :
- ben, c’est normal, il est midi !
Le mari a eu mal à la tête. Moi, je savais que c’était les nerfs. On est donc passé en coup de vent chez le traiteur chinois. Comme d’habitude, l’enfant a voulu ce qu’il n’y avait pas dans le menu, des baguettes et pas de fourchette, résultat, il a mis trois heures à manger et on a dû l’attendre longtemps après avoir fini notre assiette. Heureusement, il a fini par terminer. La marche pouvait donc commencer.
Le mari avait envie de nous entraîner à l’autre bout de la Terre, mais l’enfant voulait aller au parc. Ayant déjà trop cédé à l’enfant, j’ai dit qu’on irait demain et qu’on allait faire ce que papa avait envie de faire depuis ce matin. Nous sommes tous partis à pied vers ce lieu inconnu, mais qui allait nous réserver de belles surprises. Au bout d’un quart d’heure, pourtant, j’ai eu envie de faire pipi. Je n’ai rien dit tout d’abord, mais un quart d’heure plus tard, j’avais vraiment du mal à apprécier le paysage. N’y tenant plus, nous avons cherché un café, un fast-food ou un monument public pour que je puisse enfin éliminer le deuxième thé du matin… La marche pouvait continuer. L’enfant commençait à en avoir assez. Pourtant, on était presque arrivé. C’est maintenant qu’on allait vraiment marcher…
Moi, j’en avais assez aussi. En effet, je suis habituée à faire de petits déplacements dans le quartier, plusieurs fois par jour entre l’école, les courses, la poste ou autre et les activités sportives, mais je ne suis pas bonne sur les longues distances. Comme c’était l’heure du goûter, on a cherché un endroit où acheter de quoi manger. Ouf, on allait s’asseoir un instant. Un quart d’heure plus tard, on a repris la marche, mais après une demi-heure, j’ai glissé au mari qu’il fallait penser à rentrer pour préparer le dîner.
- Déjà ! Mais on n’a rien fait !
Quand l’enfant a entendu cela, il en a profité pour dire qu’il en avait assez aussi et qu’il voulait rentrer parce qu’il n’avait pas eu le temps de jouer avec ses jouets ce matin. On a donc terminé la visite et on est rentré en transports en commun car l’enfant et moi étions fourbus. Mais la soirée ne faisait que commencer : en rentrant, l’enfant et le mari sont allés s’asseoir, moi, je devais préparer le repas, mais je me serais bien assise aussi. On a dîné et vers 21h00, on a décidé de regarder un dvd sur l’ordi. On s’est couché un peu tard, mais comme j’ai moi aussi les réflexes de la semaine, le lendemain, je me suis levée à 7h00. La journée a mieux démarré que la veille car le mari a fait un sans faute pour le petit-déjeuner et l’enfant est passé sous la douche un peu plus vite. Mais le samedi était le jour des courses et le tour du monde du mari s’est transformé en tour du parc… Le lendemain dimanche, il y avait les devoirs à faire, et comme il y avait trois jours de week-end, la maîtresse avait doublé les devoirs à faire. On a donc passé la journée entière la tête dans les cahiers… Aujourd’hui, nous avons prévu une sortie. L’enfant fait de la résistance avec ses devoirs, mais on tient bon. A trois heures, nous comptons bien sortir. Il y a donc de l’amélioration. Sûr que dimanche, quand le mari repartira, on sera juste calés pour vivre en harmonie à trois.